Innovation dans l’innovation

Les 15 et 16 décembre derniers, se sont tenus à Caen, dans les nouveaux locaux de la MRI, les assises nationales du consortium Inmédiats, occasion d’aborder cette nouvelle approche de la médiation scientifique dans son support à l’innovation du 21ème siècle.

 

 

 

Un peu d’histoire
Originellement, les CCSTI (Centres de Culture scientifique Techniques et Industrielles) avaient pour vocation de favoriser les échanges entre la communauté scientifique et le public, s’inscrivant dans une démarche de partage des savoirs et de citoyenneté active.
Ce concept de centres de médiation est en réalité relativement récent puisque le premier fut créé à Grenoble en 1979.
Pour sa part, le centre bas normand vit le jour en 1998, prenant le nom de Relais d’sciences.
Longtemps concentré sur des actions vers le grand public ( Fête de la Science), le milieu scolaire et universitaire, ce monde de la médiation scientifique a pris un essor nouveau , soutenu en cela , à partir de 2012 , par le programme « investissements d’avenir ».
Fortement impliqué dans ce projet, appelé immédiats, Relais d’sciences a bénéficié d’un support financier lui permettant d’investir dans un lieu permanent de culture scientifique pour la Basse-Normandie.
Ce centre de sciences de nouvelle génération mettra à disposition des publics de nouveaux outils technologiques dans des dynamiques de Living Lab et de Fab Lab (voir plus loin).
Construit à Caen, sur la presqu’ile, cette MRI (Maison de la Recherche et de l’Imagination) est opérationnelle depuis septembre 2015.

Vers un nouveau modèle
Lancé officiellement en 2012, le programme INMEDIATS est porté par une alliance de six centres de culture scientifique (Cap Sciences à Bordeaux, Science Animation à Toulouse, Espace des sciences à Rennes, La Casemate à Grenoble, Relais d’sciences à Caen et Universcience à Paris).
Ce programme inédit a pour objectif de renforcer l’égalité des chances dans l’accès aux sciences et techniques, notamment pour les 15-25 ans.
Il propose pour cela de développer et d’expérimenter de nouveaux outils de médiation culturelle exploitant le potentiel des nouvelles technologies numériques.
Au cours de ces assises, Bernard Alaux, pour Cap sciences a positionné ces centres « nouvelle génération » en tant qu’espace de facilitation de la R&D dans un modèle économique de partage, décentralisé, des activités centrées sur le faire (fab lab et living lab). Certains parlent de « courtier des connaissances ».
« On gère du lien et non un lieu » a-t-il souligné « Ces démarches participatives et collaboratives sont un formidable accélérateur du processus d’innovation ».
Tout ceci doit s’intégrer dans un projet de territoire au service d’une culture scientifique rénovée.

 

 

 

 

« Laboratoire de fabrication »
Concept créé à la fin des années 1990 au MTI (USA), un « fab lab » est un lieu ouvert au public où il est mis à sa disposition toutes sortes d’outils, notamment des machines-outils pilotées par ordinateur, pour la conception et la réalisation d’objets.
Ils s’adressent aux entrepreneurs, aux designers, aux artistes, aux bricoleurs, aux étudiants ou aux hackers en tout genre, qui veulent passer plus rapidement de la phase de concept à la phase de prototypage, de la phase de prototypage à la phase de mise au point, de la phase de mise au point à celle de déploiement, etc. Ils regroupent différentes populations, tranches d’âge et métiers différents. Ils constituent aussi un espace de rencontre et de création collaborative qui permet, entre autres, de fabriquer des objets uniques: objets décoratifs, objets de remplacement, prothèses, outils…

Pour la MRI bas-normande, le projet le plus emblématique est le « Hope and Bike ».
Par le biais d’un sujet passionnant, l’électrification de vélo, le projet « Hope & Bike » propose à des jeunes de 15 à 25 ans issus de milieux dits « défavorisés » d’acquérir puis de transmettre des compétences et savoir-faire en mécanique, électronique, conception et fabrication assistée par ordinateur.
Ce projet à forte valeur sociale comporte également une dimension sociétale. Il est en effet question de rendre financièrement accessible un moyen de transport propre allant dans le sens d’une mobilité douce à l’échelle urbaine et périurbaine. Le programme favorise en cela la mobilité professionnelle de jeunes inscrits dans un processus d’insertion.

 

Living lab
Un Living Lab regroupe des acteurs publics, privés, des entreprises, des associations, des acteurs individuels, dans l’objectif de tester « grandeur nature » des services, des outils ou des usages nouveaux.
Il s’agit de sortir la recherche des laboratoires pour la faire descendre dans la vie de tous les jours, en ayant souvent une vue stratégique sur les usages potentiels de ces technologies.
Tout cela se passe en coopération entre des collectivités locales, des entreprises, des laboratoires de recherche, ainsi que des utilisateurs potentiels.
Il s’agit de favoriser l’innovation ouverte, partager les réseaux et impliquer les utilisateurs dès le début de la conception.
Initialement soutenu par un programme européen (2006-2009), une certification peut être délivrée par l’association ENOLL.

 

 

 

Epilogue
A l’issue de ce colloque national, chacun repart convaincu que la rupture est là en matière de processus d’innovation et de création de la valeur.
A ce titre, avec cette MRI, la Normandie dispose d’un outil exceptionnel accessible à tous, entreprises en particulier, au service de leur compétitivité.
N’hésitez pas à venir « pousser la porte ».

A suivre