Le management de l’optimisme

L’Association Régionale des Entreprises Alimentaires de Normandie (AREA) organisait son colloque annuel le 28 septembre dernier à la Région. Son président Bertrand Desclomenil a rappelé à cette occasion la mission de l’AREA au sein de la grande Normandie
Selon la tradition, ce colloque s’articule autour d’un thème d’actualité, cette année c’est le « management du 21ème siècle » qui avait été retenu.
Partenaire historique de l’AREA, en particulier en matière de démarches RSE, l’AQM était présent pour débattre si nécessaire de cette problématique dont elle a fait son « credo ».

 

Un intervenant convaincant

Le conférencier choisi en était Philippe Détrie. Ancien président fondateur d’Inergie, cabinet de conseil en management, Philippe Détrie est l’auteur de livres sur les pratiques de management et le théâtre d’entreprise.
Particulièrement éclectique, il est Vice-président de la Ligue des Optimistes de France et a co-écrit de nombreuses pièces de théâtre d’entreprise et deux comédies musicales avec Hervé Sérieyx.
Il est enfin le fondateur de la Maison et du salon du Management.

De quoi parle-t-on ?

Depuis les temps de la Grèce antique jusqu’à nos jours, philosophes, chercheurs et experts se sont largement penché sur la définition du management, qui a largement évolué accompagnant en cela celle de la société des hommes.
Le « pape » du management des années 70, Peter Drucker, célèbre pour ses petites phrases, en a donné une définition percutante et réductrice : « transformer une foule en organisation et les efforts humains en performance ».
Plus analytiquement, on lui préférera une approche à deux niveaux :

Pour l’organisation au service de la stratégie de l’entreprise
Pour le personnel et son animation pour atteindre les objectifs de la même entreprise

La définition du manager se décline alors selon cette approche, le pilote, le leader d’une équipe qui a l’autorité de l’argument « … pour faire des choses extraordinaires avec des gens ordinaires ».
Pour aborder le management du 21ème siècle, il faut d’abord cerner les mouvements de notre société qui impactent durablement le monde du travail.
Philippe Détrie en a catalogué 10. Nous n’en évoquerons ici que ceux qui nous paraissent les plus déterminants.

Le management de l’incertitude

Dans un contexte d’une mondialisation exacerbé, tout s’accélère. L’incertitude est de rigueur et les repères fluctuants nécessitant une adaptation permanents « il y aura deux catégories, les rapides et les morts ».
La révolution du numérique vient s’ajouter en termes d’accélération « …..en permettant une navigation gratuite dans le savoir ….. ».
La financiarisation alimente cette accélération imposant une approche court-termiste qui conduit à la dévalorisation du travail.
Il faut être capable alors à tout moment de prouver sa valeur ajoutée.
Enfin, l’effritement des institutions (politiques, religieuses….) contribue à ces pertes de repères.

Un développement durable

Le concept de développement durable, qui fête ses 30 ans cette année (rapport Brundtland en 1987) place l’entreprise face à la société et non plus à son seul marché. Certains considèrent avec beaucoup d’arguments que c’est un moyen de limiter les excès du capitalisme « sauvage ».
Dans un contexte de contribution sociétale, on demandera au manager d’être exemplaire en termes d’intégrité par exemple.
Dans les pays riches, apparait aussi la notion de droit à la qualité de vie au travail qui s’intègre harmonieusement dans le développement durable (volet social).
C’est aussi la conséquence de l’évolution de la société occidentale dans son équilibre entre le travail et la vie privée.

Manager pour motiver

Ce contexte complexe ne fait que renforcer l’importance pour le manager d’entretenir chez ses collaborateurs un niveau de motivation maximal.
Les ressorts de la motivation, intrinsèques ou extrinsèques sont connus, il suffit – un challenge – de les activer.
Olof Palme disait « l’entreprise est dure avec les faibles et faible avec les forts ».
Il convient de renverser cette tendance en sachant reconnaitre l’effort de chacun et leur droit à l’erreur (une fois !).
L’émotionnel n’est plus un tabou qu’il convient de gérer en proximité et empathie de «…… pratiquer l’intelligence du cœur….. », de connaître les attentes de ses collaborateurs.
« Chacun fait des choses bien et d’autres moins bien, il est essentiel de mettre l’accent sur ce qui va bien
Le bien ira mieux e le moins bien ira moins mal »

Rester optimiste

En conclusion, le management du 21ème siècle n’apporte pas de véritable révolution, l’être humain se situant toujours au centre du dispositif.
Par contre, l’incertitude, les crises, la mondialisation, l’explosion du numérique contraignent le manager à beaucoup plus d’agilité et une capacité à s’adapter- et adapter ses collaborateurs – en permanence.
« ……Mais, Manager doit être un plaisir et non une contrainte ……» répète Philippe Détrie, chantre de l’optimisme.
Philippe Gabillet , expert en la matière, explique « …..surtout en période difficile, l’optimisme entretient des liens très fort avec la réussite, l’équilibre, la santé même la longévité ».
Le chercheur distingue l’optimisme du but « je vais atteindre mon objectif » et du chemin « ce sera facile » et convient que la réalité est souvent entre les deux « je vais atteindre mon objectif mais ce sera difficile ».
« Le pessimiste est humeur là où l’optimisme est volonté » disait à ce sujet le philosophe Alain Albert Schweitzer renchérissait en affirmant « le succès n’est pas la clé du bonheur, mais le bonheur est la clé du succès, si vous aimez ce que vous faite, vous serez un succès » tandis que Winston Churchill martelait « un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité alors que l’optimiste voit une opportunité dans chaque difficulté ».

L’auditeur restera in fine….. motivé et optimiste à l’issue de cette conférence particulièrement instructive.