« Ma petite entreprise »

La semaine de la qualité de vie au travail était placée cette année du  9 au 13 octobre.

 

L’ARACT Normandie  proposait le 10 octobre dernier à Colombelles un temps de réflexion sur les conditions de travail dans les TPE/PME.

À partir d’analyses, de tables rondes et de témoignages d’entreprises et d’acteurs, ce Forum “Agir sur les conditions de travail en Normandie” avait l’ambition  d’apporter un éclairage  permettant de construire des réponses adaptées à  chaque environnement économique.

 

 

De quoi parle-t-on?

Le climat social d’une entreprise et la performance des salariés sont directement impactés par la qualité des conditions de travail. Si les grandes entreprises disposent de moyens pour mettre en place des politiques d’amélioration des conditions de travail, les TPE/PME, qui n’ont pas les mêmes ressources, se doivent d’innover.
On rappellera que le tissu économique français  est majoritairement constitué de  PME/TPE, dirigées  souvent par leur créateur autodidacte  de manière paternaliste, psycho affective et comme il sera souvent mentionné « le nez dans le guidon… » .
« Souvent, la prévention est « gérée » et les procédures « adaptées » » soulignera un intervenant. Mais, conjuguer performance et qualité de vie au travail repose alors sur leur capacité à mobiliser de nouveaux leviers d’organisation et de production.
Au sein d’une organisation informelle, ce dirigeant  est particulièrement présent  et convaincu de bien communiquer avec ses quelques salariés.
Ces structures ont donc un besoin d’accompagnement  patent.

La RSE, un levier ?

L’entreprise de 67 personnes, HYDREQUIP, basée à Bayeux s’est forgé une solide réputation depuis sa création en 1990 en tant que fabricant de composants électrohydrauliques destinés aux constructeurs d’engins mobiles.
Les dirigeants se sont trouvés confrontés à une forte croissance générant des problèmes d’organisation et de management qu’ils ne pouvaient résoudre seuls.

Dans le cadre d’une action collective quant à la démarche RSE, l’entreprise a été accompagnée par l’ARACT pour  effectuer un diagnostic mais surtout préparer l’extension de leur activité dans un nouveau bâtiment.
Le dirigeant  s’en félicite  en mentionnant la participation active des salaires aux différents choix d’implantation de la ligne de production automatisée.

Le handicap du sous-traitant

Une des tables rondes a débattu de la sous-traitance et de la problématique des conditions de travail de leurs salariés.
« Les donneurs d’ordre externalisent  souvent leur risque par la sous-traitance » a souligné un intervenant en rappelant l’insécurité socio-économique du salarié  en cause et la pression sur l’exécution générée par le client.
Marie Laure Léau, dirigeante de la société SEGID, membre du club NEDD et lauréate de nos bonnes pratiques,  a apporté son témoignage  quant à  ses démarches vertueuse engagées avec ses donneurs d’ordre. Un dialogue véritable a permis d’aménager  les horaires de ses employés de nettoyage afin  d’engager une co-activité dans la journée, humanisant ainsi  ces prestations souvent déconsidérées.

De nouveaux dispositifs d’accompagnement

L’isolement du dirigeant de TPE et son manque  de compétences en matière de ressources humaines  ont  été parfaitement perçus par l’Etat, les collectivités et les  têtes de réseaux (CPME, Chambre des métiers…..).
A partir du 1er juillet 2017, seront créées Commissions paritaires régionales interprofessionnelles (CPRI) se basant sur des expériences positives lancées dès 2001 avec les CPHSCT (Commission Paritaire Hygiène Sécurité et Conditions de travail) et les CPRIA (Commission Paritaire Régionale interprofessionnelle de l’artisanat).
Chaque CPRI  sera constituée de  vingt membres.
«Les commissions seront paritaires, avec dix employés et dix employeurs. Il doit aussi y avoir une parité homme-femme» souligne un représentant de l’Etat (DIRECCTE) chargé de leur animation.
« Ils seront là pour aider les salariés et les employeurs sur les dispositions légales et conventionnelles. Ils s’occuperont aussi des activités sociales et économiques », une sorte de condensé des missions des Comités d’entreprise (CE) et des délégués du personnel  que l’on trouve dans les entreprises plus grandes.
«  Ce ne sera pas une instance de négociation mais de dialogue entre toutes les parties prenantes »  précise un représentant de la Chambre des métiers.  Cette CPRI aura d’autre part pour mission d’aider à résoudre les conflits individuels ou collectifs, en accord avec les deux parties.
Sans réel budget de fonctionnement, cette nouvelle instance devra développer beaucoup d’abnégation pour remplir de telles missions, à suivre !