La RSE, de la contrainte à l’opportunité

Depuis des décennies, les entreprises se sont trouvées soumises à de plus en plus de normes, de référentiels liés à leur activité professionnelle ou plus globalement pour valider la qualité de leur management ou gouvernance.

Cela a débuté avec au milieu des années 80 avec  la fameuse ISO 9000 élaborée par le comité ISO pour « les organismes souhaitant se donner de plus grandes opportunités pour satisfaire leur client et leur fournir en permanence des produits ou services conformes ».

Se sont ensuite succédées nombre de normes  dont la plus emblématique en aura été l’ISO 14000 qui, pour la première fois, s’intéressait au management environnemental.

Initiée dès la fin des années 80, la notion de Développement Durable s’est imposée au cours de la décennie suivante  à la suite de la prise de conscience progressive de la finitude écologique de la Terre, liée aux limites planétaires sur le long terme.

Déclinée au niveau de l’entreprise, on parlera de Responsabilité sociale (ou sociétale) (RSE). L’entreprise y intégrera  les préoccupations socialesenvironnementales, et économiques dans ses activités et dans les interactions avec ses parties prenantes.

Une bonne décennie va encore s’écouler avant  qu’un cadre référentiel ne soit validé par les instances internationales, la norme ISO 26000 qui définit comment les organisations peuvent et doivent contribuer au développement durable. Elle est publiée depuis le 1er novembre 2010.

Se voulant particulièrement mondialiste et consensuelle, cette norme est particulièrement difficile à mettre en œuvre, surtout dans les petites structures.

En conséquence,  de nombreuses organismes et associations  ont construit des outils  permettant  de mettre  en place une RSE concrètement dans ces  entreprises.

Pour sa part, l’AQM Normandie, forte de son expérience pour accompagner les  TPE et PME dans leurs démarches d’amélioration continue et d’augmentation de leur compétitivité, a développé un outil d’auto-diagnostic  dès 2005, le RSD2.

Depuis 2015, cet outil s’est renforcé  pour prendre une dimension nationale et conduire à la création d’un label REXCELYS     .

Une réelle opportunité pour  l’entreprise :

Ces normalisations  sont souvent considérées par les dirigeants comme une contrainte et un coût, ce qui est vrai, mais ils en oublient les vertus.

En effet, c’est souvent une réelle opportunité de remettre à plat la gouvernance de leur entreprise, de se poser les bonnes questions quant à son efficience et sa capacité  d’évoluer favorablement dans un marché concurrentiel.

 

A ce titre, la démarche RSE est particulièrement vertueuse   en sollicitant la recherche d’un équilibre entre les 3 piliers du Développement Durable.

Commençons par le pilier environnemental.

Loin de n’apporter que des charges aux entreprises, une prise en compte proactive de l’environnement peut en effet devenir un atout pour les entreprises, si elle est bien conçue et préparée par l’ensemble des parties prenantes.

 

Ainsi, l’utilisation optimale de tous les composants entrant  dans les processus industriels évite le gaspillage d’énergie, d’eau, de matières premières ou de travail humain. L’empreinte environnementale s’en trouve réduite  tout en réduisant les consommations, donc les coûts.

Il y a quelques années, un dirigeant emblématique d’une entreprise européenne  avait trouvé ce slogan fort a propos

« Économie  rime avec écologie ».

Ces démarches ont inévitables des sources d’innovation  au service de la compétitivité de l’entreprise.

 

La RSE  n’exclut nullement  le pilier économique.

L’avantage économique fondamental de la RSE est d’accélérer l’adaptation de l’entreprise à la réponse aux nouvelles demandes sociétales,

Parce que le concept de compétitivité dépasse la question des coûts – innovation, qualité, service etc…- on doit analyser précisément l’impact de la RSE, sur les coûts, mais aussi au regard des avantages concurrentiels qu’elle peut procurer, en tant que levier d’adaptation à l’évolution de la demande.

La démarche RSE stimule inévitablement l’innovation  et rend l’entreprise plus «  agile ».

 

C’est sur le volet sociétal que peut être la RSE  apporte un stimulant déterminant.

En effet, elle remet l’humain au cœur de l’entreprise selon le principe que les salariés heureux font les entreprises qui gagnent, les salariés en bonne santé – présents et en forme sur leur lieu de travail – contribuent certainement à la productivité et à la compétitivité de leur entreprise. L’OIT y associe la notion de travail « décent »

Cela peut s’avérer un véritable changement culturel où le salarié sera un véritable « partenaire » dont la « productivité » s’entendra  dans un sens très élargi.

 

Epilogue

La RSE est avant tout une approche raisonnée du modèle de l’économie de marché qui repose sur la théorie de la coopération comme mode d’optimisation de la création de richesses en prenant en compte les intérêts des autres parties prenantes peut ainsi constituer un véritable enjeu tangible pour les entreprises.

La RSE constitue ainsi  un formidable outil pour travailler et optimiser la réputation de l’entreprise.

Une réputation essentielle à l’heure où les réseaux sociaux explosent et où les entreprises les investissent en force pour accélérer leur développement et consolider leurs positions.

La  RSE fonctionne comme un levier  stratégique de compétitivité pour les entreprises. Ses effets positifs  surpassent les coûts à court terme, en procurant un gain de performance estimé en moyenne de 13 %.

Encore faut-il  ne pas prendre cette démarche à la légère pour ne pas tomber dans le « green washing ». L’entreprise devra s’y investir réellement, entamer un projet structuré, se faire accompagner si nécessaire pour un retour sur investissement quasiment garanti.